
Votre ERP Clipper connaît chaque devis, chaque affaire, chaque phase et chaque pointage d'atelier. Pourtant, le vendredi, le directeur industriel exporte encore trois listes dans Excel pour savoir quelles affaires sont en retard. Le lundi, le DAF refait le même exercice pour ses en-cours. Les données sont là. C'est leur exploitation qui coince.
Ce logiciel de gestion est l'un des plus répandus chez les TPE et PME de la mécanique : tôlerie, décolletage, usinage, mécano-soudure. Il sait enregistrer la production avec précision. Il sait beaucoup moins croiser ses modules, comparer le prévu au réel ou suivre une tendance sur plusieurs mois. C'est pourtant ce qui sert à piloter.
Ce guide vous explique où se trouvent vos données et quels outils de reporting s'offrent à vous. Puis il détaille les pièges propres à ce logiciel et les indicateurs qui changent vraiment le pilotage de la production. Il complète notre guide pour exploiter les données de son ERP.
Clipper est un ERP GPAO, c'est-à-dire un logiciel de gestion doublé d'une gestion de production assistée par ordinateur. Il est conçu pour les entreprises industrielles qui fabriquent à la commande ou en petites séries. Il couvre la gestion des devis, les affaires, les gammes, les nomenclatures, l'ordonnancement, les pointages, les achats et les stocks.
Édité à l'origine par Clip Industrie, l'outil fait aujourd'hui partie du groupe Forterro. Il est utilisé par plus de 2 000 entreprises, selon Forterro. On le retrouve surtout dans la métallurgie, selon le comparateur Appvizer : tôlerie, décolletage, découpe et ensembles mécano-soudés, quel que soit le secteur d'activité du client final : aéronautique, automobile ou électronique.
Comme toute solution de gestion de la production, il suit le cycle complet d'une affaire. Son point fort est le devis précis : matières, temps de fabrication, sous-traitance et chutes sont chiffrés dès le départ, selon l'éditeur. Chaque devis accepté devient une affaire, découpée en phases, puis suivie à l'atelier par les pointages de chaque opérateur. Cette logique rappelle la gestion de projets : un budget d'heures et de matière, puis un suivi jusqu'à la livraison.
Il assure aussi la traçabilité matière, exigée par les clients de l'aéronautique qui attendent une qualité irréprochable, et l'enregistrement de chaque non-conformité. Chaque fonctionnalité alimente la même base. Cette couverture fonctionnelle en fait une solution complète, presque une solution tout-en-un pour une PMI. C'est exactement ce qui rend ses données si riches pour piloter. Pour une vue plus générale, voyez notre article sur l'ERP industriel.
Dans une base de données HFSQL, le moteur de PC SOFT, l'éditeur de WinDev, et non dans SQL Server. On y accède par un pilote ODBC ou par une API. Une dizaine de tables suffit pour la plupart des besoins : affaires, phases, pointages, nomenclatures, commandes, achats, stock et factures.
HFSQL est la base de données intégrée aux outils de développement de PC SOFT. C'est un détail qui compte : la plupart des outils de BI sont pensés pour SQL Server ou Oracle. Pour lire HFSQL, il faut installer le bon pilote ODBC, un connecteur standard que Power BI sait utiliser (Microsoft Learn). Dans les installations que nous avons rencontrées, l'API de l'ERP est l'autre voie, plus simple à sécuriser au sein du système d'information.
La logique est proche de celle des autres ERP, avec ses propres noms. Nous avons décrit le même exercice pour Sage 100.
Vous avez trois options. Les écrans et indicateurs intégrés au logiciel, utiles pour suivre un module à la fois. Les exports vers Excel, souples mais manuels. Ou une connexion de la base à Power BI ou à une plateforme de données. Cette dernière permet de centraliser et de croiser les sources, mais demande de préparer les données.
Les indicateurs intégrés. L'ERP propose des écrans de suivi que ses utilisateurs jugent flexibles, et chacun peut y créer ses propres indicateurs, selon les témoignages relayés par Forterro. Cet accès à des indicateurs prêts à l'emploi est un vrai gain de temps. L'éditeur met aussi en avant le taux d'utilisation des ressources, la productivité ou la rotation des stocks (site de l'éditeur). Leur limite : dans un outil ERP, chaque écran reste dans le périmètre d'un module, et rarement sur plusieurs mois.
Les exports Excel. C'est la solution la plus répandue, et la plus fragile. Chaque semaine, quelqu'un exporte, colle et recalcule. Le jour où il manque, le rapport ne sort pas. Chaque copier-coller ajoute des sources d'erreurs. Ce sont les limites classiques des tableaux de bord sous Excel.
La connexion directe. Brancher un outil de BI sur la base permet de croiser les affaires, les pointages et les factures, et d'obtenir une vue fiable et centralisée. Mais les données de l'ERP demandent un vrai travail de préparation avant d'être affichées. L'intégration d'une solution ERP avec un outil d'analyse ne se résume jamais à un branchement : aucune solution logicielle ne corrige seule des données mal saisies.
Chaque ERP a ses pièges. Ceux de ce logiciel reviennent d'une installation à l'autre, et ils faussent les chiffres sans prévenir.
Des dates stockées en texte. Les dates sont souvent enregistrées sous forme de texte, au format année, mois, jour. Certaines valeurs servent de convention : le 31 décembre 2999 signifie « pas de délai ». Sans traitement, ces affaires apparaissent en retard de plusieurs siècles, ou faussent les moyennes.
Des heures aberrantes dans les gammes. Une quantité saisie dans le champ des heures, une virgule oubliée : quelques phases affichent des milliers d'heures. Prenez l'audit d'une PMI métallurgique sous Clipper, dont la base comptait 271 tables. Seules 0,33 % des phases y pesaient 95 % de la charge planifiée. Il a fallu plafonner ces valeurs avant tout calcul.
Des affaires « actives » qui ne le sont plus. Dans la même entreprise, 86 % des affaires notées « actives » étaient en réalité terminées. Le statut n'avait jamais été mis à jour. Pour savoir ce qui reste vraiment à produire, il faut croiser le statut avec les heures restant à réaliser.
Des pointages multiples. Un compagnon peut pointer plusieurs fois la même opération. Additionner tous les pointages compte les heures deux fois. La règle consiste à ne retenir que le dernier.
Une API lente sur les grosses tables. L'extraction des tables d'affaires ou de calendrier peut prendre de longues minutes. D'où l'intérêt d'extraire la nuit, sans gêner les flux de travail de la journée.
Ces corrections relèvent autant de la technique que de l'organisation. Qui valide qu'une affaire est terminée ? Qui corrige une gamme aberrante ? C'est le rôle de la gouvernance des données.
Commencez par trois sujets à fort impact. Le planning de production, par affaire et par phase. La consommation de matière, prévue face à réelle. Et l'activité commerciale, des devis aux factures. Ils s'appuient tous sur des tables que l'ERP contient déjà, et servent l'aide à la décision au niveau opérationnel comme en direction.
Dans les deux cas d'usage ci-dessous, la démarche a été la même : cadrer la question à trancher, recenser les variables, construire le calcul avec l'équipe métier, puis l'automatiser chaque jour.
Une PME de tôlerie, pliage et mécano-soudure produit à l'affaire. Environ 450 affaires sont actives en parallèle, chacune suivant une gamme de six phases, de la découpe au contrôle, dont certaines sous-traitées. Le plan de production vivait dans Excel et dans les têtes. Les retards se voyaient au moment de livrer, et la sous-traitance restait dans l'angle mort.
Clipper ne fournit pas de taux de progression par affaire : il a fallu le reconstruire avec Clidd. Le calcul croise quatre tables (affaires, gammes, pointages et ordres de planification) en 24 étapes. Il retient le dernier pointage de chaque opération. Il mesure la progression de deux façons, en pièces produites et en heures pointées, pour rester fiable quand l'une des deux données manque. Il repère la phase en cours, celle où se trouve réellement l'affaire, et signale les anomalies de séquence, comme une soudure pointée avant la découpe. Les phases confiées à un sous-traitant sont suivies à part.
Résultat : chaque phase devient une colonne colorée selon son état (faite, en cours, en retard, chez le sous-traitant, à faire). Les affaires sont triées par date de livraison. Les affaires à risque remontent avant l'échéance, et les en-cours de production deviennent valorisables pour la comptabilité. De quoi planifier la semaine sur des chiffres justes et optimiser le lancement de tous les ordres de fabrication. Pour le détail de la démarche, consultez le cas d'usage complet (PDF).
Un fabricant d'emballages thermoformés sur mesure travaille pour le médical et l'industrie. Il consomme des bobines de plastique (PETG, APET, PVC, polycarbonate…), définies par leur épaisseur et leur laize. Il suit environ 120 matières, réparties en huit familles, pour 210 produits. Clipper connaît les nomenclatures et les sorties de stock, mais ne les met jamais face à face. Rebuts, réglages et substitutions de laize pesaient sur la marge sans jamais être chiffrés.
Le flux, plus de 60 étapes, croise quatre tables : affaires, nomenclatures, articles et mouvements de stock. Il recalcule le besoin théorique à partir des nomenclatures des affaires livrées, daté à la livraison. Il le compare ensuite aux sorties réelles nettes des retours, mois par mois, sur douze mois. Tout est converti en kilos grâce au référentiel matière. Les fournisseurs sont fusionnés sur une même spécification, les codes inactifs rattachés à leur remplaçant, et la matière rebroyée suivie à part. Un écart de 10 % au plus est jugé conforme ; au-delà, il faut en chercher la cause.
Un détecteur signale enfin les nomenclatures à corriger : une matière prévue mais presque jamais consommée trahit une mauvaise référence ou un coefficient faux. La première version du calcul, erronée, a d'ailleurs été corrigée avec l'équipe métier. Pour la première fois, le prévu et le réel sont face à face pour chaque commande, au cœur du processus de production. Les achats de bobines se calent sur la consommation réelle, et les devis gagnent en justesse. Retrouvez la démarche suivi avec Clidd dans le cas d'usage complet (PDF).
Devis, commandes et factures racontent la santé commerciale de l'entreprise. Lors de l'audit de la PMI métallurgique, un seul client pesait 17 % du chiffre d'affaires. Personne ne l'avait mesuré. Ce type de constat nourrit des décisions stratégiques : diversifier, renégocier, revoir sa politique de prix. Ajoutez le TRS côté atelier, et vous couvrez l'essentiel de la performance industrielle.
Ces indicateurs gagnent à être rafraîchis chaque nuit : la production en temps réel ne sert vraiment qu'à l'atelier, au plus près de la chaîne de production. Pour aller plus loin, réunissez l'ERP et vos autres outils dans une même base : c'est tout l'intérêt de consolider vos données. Le retour sur investissement se mesure vite : moins d'heures passées à recalculer, plus de temps pour décider.
L'ERP Clipper est un outil de gestion taillé pour la production à l'affaire, du devis à la facture. Pour piloter, retenez trois idées :
Un logiciel ERP tel que Clipper sait déjà tout de votre atelier. Il lui manque seulement quelqu'un pour poser les bonnes questions à ses tables, chaque nuit, et livrer les réponses chaque matin.